Haiti

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Capital Port-au-Prince
Population 10.906.000

Le pays est marqué par une importante insécurité alimentaire qui affecte les ménages les plus vulnérables dans tout le pays, y compris dans les zones urbaines. Dans son dernier cycle, débuté vers mai-juin 2018, le phénomène El Niño a continué de causer d’importantes poches de sécheresse dans le pays durant le premier semestre 2019 qui ont eu un impact négatif sur les diverses productions agricoles et sur l'élevage. Les agriculteurs ayant un pouvoir d’achat en baisse continuelle depuis plus d’une année, ont, pour beaucoup, sacrifié le peu de semences qu’ils leur restaient pour répondre aux besoins alimentaires urgents de leur famille. A cette détérioration de la disponibilité alimentaire des productions locales se conjugue une baisse graduelle et continue de l’accès alimentaire pour les ménages les plus pauvres. Le contexte macroéconomique global a continué de se détériorer en 2019. Les différents épisodes de blocage du pays (février, juin, septembre et octobre 2019) ont accentué cette détérioration économique structurelle : dégradation des moyens d’existence des ménages, baisse des opportunités de travail notamment dans le secteur agricole, inflation, suspension voire perte des activités économiques, surendettement, exode rural… touchant aussi et surtout les populations déjà vulnérabilisées par l’insécurité alimentaire. La hausse des prix des denrées alimentaires a été de plus de 22% en glissement annuel, dans un contexte d’inflation des prix à la consommation de 19,5% sur la même période (IHSI – bulletin août 2019). 

Comme l’ont montré les dernières analyses IPC, la situation actuelle ne s’est pas améliorée après la période de soudure 2019 (mars à juin), avec un taux de 38% de la population en moyenne dans les zones rurales en phases 3 et 4 de l’IPC (période actuelle). Les récoltes agricoles n’ayant pas été suffisantes, leur impact sur la sécurité alimentaire n’a pu se faire sentir. Pour la période de soudure 2020, la situation devrait continuer de se dégrader, avec un taux moyen de personnes en phases 3 et 4 autour de 42% du total de la population des zones rurales.