Haiti

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Capital Port-au-Prince
Population 11.591.279

En 2021, le pays continue d’être marqué par une importante insécurité alimentaire qui affecte les ménages les plus vulnérables dans tout le pays, y compris dans les zones urbaines. Les conditions agro-climatiques de 2020 n’ont pas été globalement propices à des récoltes satisfaisantes. Des précipitations inférieures à la normale ont affecté la performance des deux campagnes agricoles de 2020. Ces pertes de récoltes, combinées aux restrictions liées à la pandémie COVID-19 et à l’inflation (hausse d’environ 24% de la valeur du panier alimentaire en dollar américain sur un an) ont largement affecté le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres, plus spécifiquement les ménages monoparentaux dirigés par une femme sans support d’un autre parent avec un niveau d’éducation scolaire faible ou absent. De plus, les inégalités entre les sexes qui découlent des considérations socioculturelles et qui renforcent les rôles respectifs assignés aux femmes déterminent  leur capacité à accéder à la nourriture au foyer. Le passage de la tempête tropicale Laura fin-août 2020 est venu amplifier les pertes de récoltes déjà enregistrées dans certaines zones notamment le Sud-Est.

En référence aux analyses IPC conduites au mois d’août 2020, sur la période projetée allant de mars à juin 2021, et en prenant en considération les hypothèses du scénario le plus probable fixées par les analystes, une légère dégradation de la situation est attendue. Il est estimé que 12% de la population analysée (1.156.915 personnes) serait en phase 4 de l’IPC (Urgence) et 34% (3.198.820 personnes) en phase 3 de l’IPC (Crise) soit 46% (4.355.735 personnes) de la population en besoin d’une action urgente pour la période projetée en 2021. Cette détérioration de la situation affecte principalement l’accès aux aliments pour les ménages les plus vulnérables.

Le contexte de la dégradation de la sécurité alimentaire dans le pays est également lié à la détérioration de la conjoncture macroéconomique nationale, les populations des zones urbaines étant également touchées par cette insécurité alimentaire. Les quartiers les plus pauvres de la métropole haïtienne concentrent près de 9% des personnes en situation d’urgence alimentaire (phase 4 de l’IPC) et représentent près de 200.000 habitants de l’aire métropolitaine. Les groupes qui présentent le plus de risques liés à l’insécurité alimentaire sont les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans, particulièrement si ces derniers souffrent déjà de malnutrition, les femmes et jeunes filles enceintes ou allaitantes ainsi que les personnes vivant avec le VIH dans les ménages vulnérables.

D’autre part, les ménages agricoles (incluant les éleveurs, les pêcheurs…) fortement impactés par la sécheresse et les chef(fe)s de ménages âgés et isolés nécessitent aussi d’être priorisés en raison de leurs vulnérabilités structurelles et conjoncturelles. Enfin, le secteur Sécurité Alimentaire portera une attention particulière aux cas de protection identifiés dans le cadre de l’assistance alimentaire afin de les référencer aux acteurs de la protection et qu’ils puissent bénéficier d’une prise en charge spécifique. De plus, dans le cadre de la mise en œuvre des activités, les ciblages, la gestion et le suivi sera fait avec les représentants des différentes organisations communautaires de base pour assurer que le projet répond aux besoins différents des hommes, des femmes, des filles et des garçons de groupes diversifiés.

Sur la base de la dernière analyse IPC disponible (août 2020), le secteur Sécurité Alimentaire estime que 1,3 million de personnes doivent être ciblés en 2021 par une assistance humanitaire autour des trois volets suivants :

  • Assistance alimentaire d’urgence ;
  • Restauration et renforcement des moyens d’existence ;
  • Renforcement des institutions étatiques (notamment DPC et CNSA) impliquées dans la prévention et la gestion des risques et désastres à travers le pré-positionnement de stocks de contingence dans les zones les plus à risque de désastres naturels et le renforcement du système d’alerte précoce de la sécurité alimentaire.