SAP : Rapport définitif de l'enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, Février 2020 (ENSAN MALI)

MESSAGES CLES A RETENIR DE L’ENSAN MALI DE FEVRIER 2020
 L’ENSAN de février 2020 révèle que les conditions d’élevage et la production agricole à travers le pays
sont moyennes à bonnes pour plus de 77% des ménages. Les perspectives d’évolution de la contre saison
sont moyennes à très bonnes pour plus de 95% des ménages.
 Le score pauvre reste sensiblement constant alors que l’amélioration se voit dans les scores limite et
acceptable : score limite qui diminue au profit d’une augmentation du score acceptable comme en
septembre dernier. La qualité nutritionnelle de la consommation alimentaire des ménages s’est
considérablement améliorée entre septembre 2018 et février 2020.
 Le nombre moyen de groupes d’aliments consommés se montre stable depuis septembre 2017 : 6,45 en
Février 2020 et 6,75 en Septembre 2019 contre 6,28 groupes en Septembre 2018 et 6,25 groupes
d’aliments en Septembre 2017. Le score de diversité alimentaire a sensiblement augmenté par rapport à
septembre 2019 qui était de 92,2% de ménages ayant consommé au moins 4 groupes alimentaires. Ce
taux est de 97,4% en Février 2020.
Stabilité de la prévalence de l’insécurité alimentaire au niveau national entre septembre 2019 et février 2020 :
moins de 1/5 (soit 16%) des ménages sont en insécurité alimentaire (dont 2% sous la forme sévère) contre
15% dont 2% de forme sévère en septembre 2019. Les régions avec le niveau le plus élevé d’insécurité
alimentaire sont par ordre d’importance Gao (38,4%), Kidal (24,6%) et Mopti (23,3%).
La prévalence est très élevée dans les cercles des régions du centre et nord à savoir Abeïbara, Bankass,
Ansongo, Ménaka, Bourem, Koro, Ténenkou, Gourma Rharous ainsi que dans les cercles du sahel occidental comme Nara et Nioro.
 Profil des ménages en insécurité alimentaire.
L’insécurité alimentaire touche principalement :
 Les ménages pauvres :
 La proportion de ménages en insécurité alimentaire diminue en fonction de l’amélioration du bien-être
économique (augmentation de la richesse),
 32% des ménages en insécurité alimentaire pour le quintile d’indice de bien-être économique le plus
pauvre contre seulement 5% pour les très riches,
 Il est cependant intéressant de noter que les ménages classés comme riches, c’est-à-dire possédant le plus de biens et équipements, peuvent être touchés par l’insécurité alimentaire : 11% des ménages considérés comme riches sont en insécurité alimentaire.
 Les ménages dirigés par des femmes et des personnes à faible niveau d’éducation (aucun ou simplement alphabétisée) :
 Les femmes chefs de ménages apparaissent davantage en insécurité alimentaire (22% contre 16% pour
les hommes chefs de ménage), ce qui paraît évident parce qu’elles se trouvent dans une situation
économique plus précaire. En effet, les ménages dirigés par les femmes possèdent moins d’actifs
productifs, gagnent moins en revenus, sont les plus endettés et utilisent plus de stratégies d’adaptations
pour acquérir la nourriture.
 Le niveau d‘insécurité alimentaire diminue à mesure que le niveau d’éducation du chef de ménage
augmente.
 21,5% des ménages dirigés par des chefs de ménages qui n’ont aucun niveau d’instruction sont en
insécurité alimentaire contre seulement 6,9% pour ceux qui ont un niveau supérieur.
 Les ménages en insécurité alimentaire sous la forme la plus sévère et modérée vivent essentiellement de :
 Mendicité ;
 Aides/Dons humanitaire (fait par l'Etat ou des organisations) ;
 Aides/Dons sociaux (fait par la communauté/famille et/ou des tierces personnes) ;
 Emprunts/Dettes ;
 Exploitation forestières (vente d'herbe/fourrage/bois collectés, charbon etc. ;
 Production/Vente de produits de chasse/cueillette ;
 Artisanat/Artiste/griot ;
 Ouvrier et travailleur journalier non agricole ;
 Ouvrier et travailleur journalier agricole ;
 Production/vente de produits d’élevage.
 Les ménages ruraux :

La prévalence de l’insécurité alimentaire est de 19% en milieu rural contre 8% en milieu urbain.

 Insécurité alimentaire et stratégies d’adaptation de survie :
Plus les ménages sont en insécurité alimentaire, plus ils utilisent des stratégies de survie lié à la consommation.
Les ménages déplacés sont plus vulnérables à l’insécurité alimentaire que les ménages résidents. Les ménages en sécurité alimentaire ont une taille de ménages, de bétail plus importante, aussi épargne plus que ceux qui sont en insécurité alimentaire. Cependant les ménages en insécurité alimentaire sévère sont moins endettés comparé ceux en sécurité alimentaire.
 La situation nutritionnelle est préoccupante.
 La prévalence de la malnutrition aiguë (émaciation Poids/Taille) était de 7,4% dont 1,1% de forme
sévère contre 10,5% % dont 1,2% de forme sévère. Prévalence de la MAG élevée et classée comme
précaire (compris entre 5% et 9%).
 La prévalence de la malnutrition chronique (retard de croissance) au niveau national était de 21,8%
dont 6,8% de forme sévère contre 21,6% dont 5.4% de forme sévère en septembre 2019.
 Prise par rapport aux normes de sévérité de l’OMS, la prévalence de la malnutrition est précaire et plus
élevée respectivement dans les régions de Sikasso avec 28,2% contre 27,2% en septembre 2019. Elle est
suivie par les régions de Kayes (27,2%), Ségou (25,6) et Koulikoro (24,4%) et Tombouctou (23,1%)
 La prévalence de l’insuffisance pondérale était de 13,6% contre 16,5% en septembre 2019. Elle variait
entre 8,8% à Kidal et 18,3% à Kayes comme en septembre 2019 avec 6,2% à Kidal et 21,5% à Kayes.

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